Guide · Carte BRGM
Carte argile gonflante : mon terrain est-il concerné par le RGA ?
Près de la moitié du territoire français est classée en zone d'aléa moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles (RGA). Voici comment vérifier votre parcelle en 30 secondes, comprendre les niveaux d'aléa, et savoir ce que ça implique pour votre projet.
Mise à jour : août 2026 · Lecture : 6 minutes
1. Consulter la carte argile gonflante en 30 secondes
La référence officielle est Géorisques, le portail public des risques majeurs en France, alimenté par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) :
- Allez sur georisques.gouv.fr
- Saisissez votre adresse exacte ou les coordonnées de votre parcelle dans la barre de recherche
- Cliquez sur "Connaître les risques près de chez moi"
- Dans la liste des risques, repérez "Retrait-gonflement des argiles" — la couleur de votre parcelle indique le niveau d'aléa
L'information est gratuite, publique et opposable : c'est cette même carte qui sert de référence pour la loi ELAN.
Astuce notaires : au moment d'une promesse de vente, l'attestation Géorisques est déjà annexée d'office au compromis (ERP — État des Risques et Pollutions). Vérifiez-la attentivement avant toute signature.
2. Les 4 niveaux d'aléa
Le BRGM classe chaque commune (et chaque parcelle) en 4 catégories selon la probabilité de présence d'argiles gonflantes :
| Niveau | Couleur carte | Probabilité | Étude G2 AVP |
|---|---|---|---|
| Nul | Blanc | Aucune argile gonflante recensée | Non obligatoire |
| Faible | Jaune clair | Présence rare ou peu épaisse | Non obligatoire (recommandée) |
| Moyen | Orange | Probabilité significative | Obligatoire (loi ELAN) |
| Fort | Rouge | Argiles gonflantes très probables | Obligatoire (loi ELAN) |
En zone d'aléa moyen ou fort, une étude géotechnique préalable (G1) est obligatoire avant la vente d'un terrain à bâtir — la G2 AVP étant celle qu'attendent en pratique constructeurs et assureurs, depuis le 1er octobre 2020 (loi ELAN). Le coût est à la charge du vendeur.
3. Les régions les plus touchées
Sur le territoire métropolitain, 55 % de la surface est classée en aléa moyen ou fort depuis la carte entrée en application le 1er juillet 2026 (contre 48 % sous l'ancienne carte de 2020). Les régions les plus exposées sont :
- Île-de-France — argiles vertes et plastiques sur les plateaux, alluvions argileuses dans les vallées
- Sud-Ouest (Aquitaine, Charentes, Périgord) — molasses argileuses, marnes
- Centre-Val de Loire — argiles à silex sur les plateaux
- Provence intérieure — marnes, argiles oligocènes
- Lyonnais et Bourgogne — argiles du Lias, marnes oxfordiennes
À l'inverse, les zones de socle cristallin (Bretagne, Massif central, Ardennes) sont quasi épargnées. Voir le détail par département.
4. Conséquences pour votre projet
Si votre parcelle est en aléa moyen ou fort, plusieurs implications :
4.1 Vente du terrain
L'étude géotechnique préalable (type G1) est obligatoire à la vente et annexée à l'acte — elle reste valable 30 ans. La G2 AVP, plus complète, est recommandée. En l'absence d'étude, la responsabilité du vendeur peut être recherchée par l'acquéreur. Voir le guide loi ELAN pour les détails juridiques.
4.2 Construction d'une maison neuve
Le constructeur doit recevoir une étude G2 AVP (ou G2 PRO) qui définit les principes de fondation. En zone d'argile gonflante, on adopte typiquement :
- Fondations ancrées à 0,80 m minimum en exposition moyenne, 1,20 m en exposition forte (sous la couche affectée par les variations saisonnières d'humidité)
- Plancher porté sur vide sanitaire plutôt que dallage sur terre-plein
- Drainage périphérique pour éviter les concentrations d'eau autour des fondations
- Éloignement des arbres à grande absorption hydrique (chênes, peupliers, saules) — distance ≥ hauteur adulte de l'arbre
4.3 Maison existante en zone à risque
Aucune obligation rétroactive de mettre aux normes une maison construite avant 2020. Mais surveillez :
- Apparition de fissures (en escalier, traversantes, en façade)
- Plantation/abattage récent d'arbres à proximité
- Périodes de sécheresse intense — déclencheur principal du sinistre RGA
En cas de doute, voir le guide fissures RGA.
5. Comment protéger sa construction du RGA
Pour une maison neuve, les mesures préventives standards sont peu coûteuses par rapport au surcoût d'un sinistre. Le BE en G2 AVP les chiffre dans son rapport :
- Fondations ancrées à 0,80 m (exposition moyenne) à 1,20 m (forte) (vs 0,50-0,80 m hors RGA) +500 à 1 500 € de béton
- Vide sanitaire au lieu de dallage +2 000 à 4 000 €
- Drainage périphérique +1 500 à 3 000 €
- Joint de rupture entre la maison et tout aménagement extérieur (terrasse, garage)
- Cuvelage ou écran imperméable si présence de sources, fuites de canalisations
Surcoût total typique : 3 000 à 8 000 € pour une maison individuelle. À comparer à un sinistre RGA : 30 000 à 100 000 € de reprise en sous-œuvre, voire démolition.
6. Et si la carte BRGM est révisée ?
La carte nationale d'exposition en vigueur est celle attachée à l'arrêté du 9 janvier 2026, qui remplace celle de l'arrêté du 22 juillet 2020. Établie par le BRGM en croisant les données géotechniques et l'historique de sinistralité sécheresse, et en tenant compte des effets du changement climatique, elle s'applique aux promesses et actes de vente ainsi qu'aux contrats de construction conclus à compter du 1er juillet 2026. Les actes antérieurs restent régis par la carte de 2020. Le zonage peut être révisé à nouveau : vérifiez toujours votre parcelle sur Géorisques.
Conséquences pratiques :
- Si une parcelle passe de "faible" à "moyen", l'obligation G2 AVP s'applique aux ventes futures (non rétroactivement)
- Si une parcelle descend en aléa, les études déjà réalisées restent valables (mais ne sont plus obligatoires)
- Pour les sinistres : c'est la classification au moment du sinistre qui s'applique pour la reconnaissance CatNat
Et si des travaux s'imposent ? Quand le diagnostic conclut à un confortement (micropieux, reprise en sous-œuvre…), G2AVP transmet aussi votre demande à des entreprises spécialisées en fondations spéciales — demander des devis travaux.
FAQ
Comment être sûr du niveau d'aléa de ma parcelle exacte ? +
L'attestation Géorisques officielle (ERP) annexée au compromis fait foi. Vous pouvez aussi générer un PDF directement sur georisques.gouv.fr avec votre adresse précise. Pour une lecture parcelle par parcelle, le portail montre la carte au cadastre.
Une seule parcelle peut-elle être en plusieurs niveaux d'aléa ? +
Oui. La carte d'exposition est établie à l'échelle des formations géologiques (cartes au 1/50 000) : une grande parcelle peut chevaucher deux niveaux d'aléa. Dans ce cas, on retient le plus défavorable pour les obligations légales, mais l'étude G2 AVP affinera la situation réelle par sondages.
Aléa fort = sinistre garanti ? +
Non. L'aléa indique une probabilité de présence d'argiles gonflantes, pas de sinistre. Une maison bien dimensionnée et bien drainée en zone d'aléa fort peut tenir 100 ans sans problème. À l'inverse, une maison mal conçue en aléa moyen peut présenter des fissures en 10-15 ans.
L'aléa influence-t-il la valeur du terrain ? +
Marginalement, oui. Un terrain en aléa fort peut être négocié 2-5 % moins cher qu'un terrain équivalent en aléa nul, du fait du surcoût de fondations. Mais ce n'est jamais un motif pour refuser un terrain — la quasi-totalité de l'Île-de-France est en zone moyenne ou forte, et les maisons s'y construisent normalement.